Farid MEGHARI : Le semeur de bonheur

 

Farid MEGHARI : Le semeur de bonheur

 

 

 

L

 

Tout Homme Bien Portant

Peut Se Passer De Manger Pendant Deux Jours ;

De Poésie, Jamais. (Baudelaire)

 

 

Aokas est assurément la terre des artistes. Ici, les arts sont profondément enracinés dans le sol des ancêtres. Ici, chaque village et chaque foyer a son artiste, parfois même plusieurs. Comprendre artiste dans les deux genres, masculin et féminin. Nous pouvons avancer sans trop nous tromper que la densité d’artistes au km2 est plus importante ici que dans la plupart des wilayate du pays. Ici, on vous parlera aisément de dessin, de peinture, de sculpture, de théâtre, de musique, d’écriture, mais surtout de poésie. Ici, on n’est pas poète, on naît poète ! Ici, le nouveau-né a tellement entendu dans le ventre de sa maman des déclamations poétiques qu’à sa naissance son vagissement ressemble à une envolée lyrique.

 

Méghari Farid est l’un de ces bébés.  Né en 1972 à Aokas, il n’a pas cessé depuis 44 ans à donner la chasse aux inspirations qui lui ont permis de commettre plusieurs recueils de poésie dont entre autres « Le soupir de ma plume » et « Le clapotement des vers » publiés respectivement en 2005 et 2010, et le présent corpus intitulé « Le mendiant du bonheur ».

Mais qu’est-ce que la poésie ? L’auteur nous donne sa définition : « La poésie est tout un univers, un monde sans frontières, un moyen médusé qui nous fait plonger dans un monde parfait, nous fait pénétrer dans les autres dimensions où nous pouvons donner la vie à tout ce qui se tait dans l’homme et dans la chose. En fin, la poésie est une âme avant qu’elle soit un art, elle est aussi un don, un talent. Un poème est un cadeau né d’un lourd fardeau ».

Dans cette dernière œuvre, notre poète se livre à une sorte d’intro-extraversion où pensée et poésie s’empoignent, se lâchent, puis s’étreignent de nouveau avant de se libérer pour suivre des chemins contraires dans le firmament poétique.

La langue de Molière étant un trésor proposant un large éventail de paraboles, de métaphores, d’allégories et autres nuances linguistiques, Farid Méghari y puise à volonté les ingrédients pour préparer sa recette poétique qui deviendra sous sa plume impatiente des pièces de vers qu’on croque avec une véritable délectation.

 

Ô mon amour, toi seul existes

À cette heure pour moi du crépuscule triste

Où je perds à la fois le fil de mon poème

Et celui de ma vie et la joie et la voix

Parce que j’ai voulu te redire je t’aime

Et que ce mot fait mal quand il est dit sans toi

 

Le poète n’est-il pas un magicien du verbe qui va chercher la perfection, la beauté esthétique ? Suivant l’inspiration du moment, le stylo de notre poète se transforme en baguette magique pour étaler sur la feuille blanche le style haut qui emportera le lecteur loin avant de le déposer délicatement sur les limbes des feuilles et des corolles dont le parfum poétique est d’une douceur angélique.

Le printemps

 

Il est vêtu de sa robe

Et annonce sa couleur

À la lueur de l’aube

La rose caresse les fleurs

 

Au bord du ruisseau

L’eau murmure une mélodie

Dans son nid l’oiseau

Pousse son premier cri

 

Un doux soleil

Apparaît à l’horizon

La joie se réveille

Pendant la saison

 

 

Le poète nous montre la réalité du monde sous une forme inattendue. Cocteau dit de la poésie qu' « elle nous aide à voir ce que nous ne voyons plus par habitude ».

Le recueil de poèmes de Farid Méghari propose une évasion par le rêve et la méditation tout au long de quatre-vingts pages où trois chapitres (Amour fou, Paradis sur terre et Révolte et malheur) transportent le lecteur aux confins de cent frontières sans frontières.

Lem

 

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