« Le Crépuscule Des Anges » par Chabane Mohand

 

 

 « Le Crépuscule Des Anges » par Chabane Mohand


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QUAND THÉÂTRE RIME AVEC HISTOIRE

 

Relater en une cinquantaine de pages 132 ans d’histoire politique et sociale d’un pays, en l’occurrence celle de l’Algérie, est assurément une gageure !  Une gageure relevée par le poète Chabane Mohand, né à Aokas dans la wilaya de Béjaia.

« L’histoire demande le même art que la tragédie », disait Voltaire. C’est peut-être cette citation qui a donné l’idée à cet homme de plume de monter une pièce de théâtre dramatique intitulée « Le crépuscule des anges » où l’usage de la torture et la résistance des suppliciés sont mis en exergue. L’œuvre dramatique en vers dévoile la faiblesse du dominateur dans la force inutile qu’il met en avant, et montre la force de l’opprimé tirée de sa faiblesse apparente…

L’action se situe à la veille de la proclamation du cessez-le-feu.

Une salle de torture avec ses accessoires sinistres, des militaires tortionnaires et des prisonniers martyrisés par des méthodes barbares, ce sont là le décor et la distribution de cette pièce qui vous prend à la gorge dès les premières répliques, joutes oratoires entre le maître et l’esclave, mais ici, l’esclave devenant crescendo maître de cet affrontement.

Au milieu de la douleur infligée par la torture destinée à arracher des aveux, le bourreau n’obtient que des cris de dédain, des hurlements de dignité, des appels à la liberté. Tour à tour, à ce séisme de souffrances succèdent les répliques des martyrisés, réponses appropriées mettant au-devant de la scène l’histoire de la colonisation de l’Algérie, avec des références à son passé millénaire.

Pour ce faire, l’auteur a recouru à des raccourcis saisissants en mettant dans la bouche des prisonniers torturés divers noms des figures des deux camps ennemis ayant marqué d’une manière ou d’une autre cette période coloniale.

Jugurtha, Émir Abdelkader, Ouled Sidi Cheik, El Mokrani, Cheikh Aheddad, Lalla Fatma N’Soumer Amirouche, Si l Houès… d’un côté, Pélissier, Clauzel, Randon, duc de Rovigo, Degaulle, Lacoste… d’un autre côté, chacun de ces noms renvoie à un épisode de cette longue occupation.

La tragédie se termine par la proclamation radiophonique du cessez-le-feu sans qu’aucun des prisonniers algériens torturés, dont une femme, ne soit passé aux aveux. Aussitôt, le désarroi gagne les tortionnaires qui réalisent enfin que lorsqu’un peuple lié décide de recouvrer ses droits, il se dresse ; et, droit comme un peuplier, il crie : « Liberté ! Liberté ! »…

Sur le papier, assurément, cette représentation théâtrale est réussie à plus d’un titre ; il reste maintenant à porter cette pièce à la scène. C’est le vœu le plus cher de Chabane Mohand qui souhaite léguer à la postérité l’histoire de son pays… pour que nul n’oublie.

 

 

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