EXHUMER LES OUBLIÉS DE LA RÉVOLUTION

 

Commémoration de la Journée du Chahid à Aokas

 

EXHUMER LES OUBLIÉS DE LA RÉVOLUTION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chahid AMARA Ali

 

L’histoire algérienne est encore à écrire. La preuve, des collégiens ne connaissent même pas la biographie du Chahid dont leur établissement scolaire porte le nom ? À qui la faute ? Pas aux étudiants, tant s'en faut ! La négligence incombe assurément à l’Éducation nationale et aux décideurs qui ont décidé de ne pas décider dans le bon sens. Un peuple sans histoire est un peuple sans avenir. Or, chez nous, les histoires ont supplanté l’Histoire…

 

De ce fait, l’avenir est hypothéqué et les générations passent et repassent sans savoir que leur histoire est froissée et qu’il est urgent de la repasser. Cependant, et heureusement, le désastre n’est pas consommé puisqu’il existe des associations qui militent pour exhumer notre passé et glorifier les protagonistes de la Révolution algérienne.

C’est le cas de l’association « Aokas Mémoires » en collaboration avec le personnel du lycée Amara Ali et les autorités locales qui ont organisé, ce 18 février 2016, une rencontre entre les étudiants et les anciens moudjahidine à l’occasion de la célébration de la Journée du Chahid qui nous renvoie à cette génération d’hommes et de femmes qui ont symbolisé notre Révolution. Aux générations suivantes de s’inspirer de leur sacrifice, de leur courage et des valeurs qu’ils nous ont laissés en héritage.

Depuis 1989, la journée du Chahid a été fixée au 18 février en référence à la date de création de l’Organisation Spéciale (OS), qui a été le prélude à la lutte armée. Le 18 février est aussi la date à laquelle, en 1957, la « question algérienne » a été présentée devant l’Assemblée générale des Nations unies.

À Aokas, ce jeudi, au lycée Amara Ali, tous les invités sont là : autorités locales (maire et chef de daïra), APC de Tizi N’berber, responsable de l’ONM locale, anciens moudjahidine, contemporains et compagnons du chahid Amara Ali.

Après l’inauguration de la plaque commémorative apposée sur le mur d’entrée du lycée, tout ce beau monde venu rendre hommage au révolutionnaire disparu, s’est regroupé dans l’amphithéâtre de l’établissement scolaire.

Là, quelques invités prennent la parole à tour de rôle pour apporter des témoignages ou des récits autour de la personne du regretté chahid Amara Ali ; les comptes rendus étaient parfois si émouvants que certains orateurs n’ont pu retenir leurs larmes.

Mais qui était Amara Ali ? Né le 9 avril 1939 à Aokas, il fut scolarisé en 1946 avant de suivre quelques années plus tard une formation d’agent dactylographe, métier qui lui permit d’être recruté en 1959, trois ans après le déclenchement de la révolution algérienne, par la SAS  (Section Administrative Spécialisée) ; peu de temps après, il subtilisa une machine à écrire et plusieurs rames de papier, butin qui lui valut d’être enrôlé dans les rangs de l’ALN (Armée de Libération Nationale).

Le 9 février 1961, après six heures d’une bataille acharnée contre l’armée coloniale, Amara Ali, blessé, trouvera la mort au fond d’une grotte (aujourd’hui dénommée « Mérouani »). Il sera inhumé chez lui,  à Amerzag au lieudit Ighil Lefreh dans la commune d’Aokas.

Il y a lieu de signaler que le corps du chahid a été retrouvé dans la caverne après 17 mois de recherche ! Fait extraordinaire, la dépouille n’a subi aucune décomposition, la longue et parfaite conservation ayant été possible par le froid gelant la profondeur de l’antre.

De l’avis de ses contemporains, Amara Ali avait nombre de qualités qui forçaient le respect : intelligence, instruction, courage, sagesse, sourire permanent. Ces aspects caractéristiques sont soulignés dans tous les témoignages.

L’un des invités, M. Touati Slimane, s’adressant aux étudiants leur a indiqué pédagogiquement que le meilleur hommage qu’ils peuvent rendre au regretté chahid est de réussir dans les études en brandissant fièrement les diplômes issus du lycée portant le nom de Amara Ali.

En marge de la commémoration, un tournoi de football est organisé par la communauté éducative du lycée dont les disponibilités de son directeur, M Chapi Fodil, et du personnel sont à souligner.

On ne peut pas ne pas relever la bonne prestation de l’animateur, M. Chabane Mohand, poète et écrivain, qui a mené d’une main de maître toute la cérémonie. De plus, au cours de cette évocation, il a déclamé  quelques-uns de ces poèmes écrits à la gloire de la Révolution algérienne.

Nous terminerons en rapportant un fait à marquer d’une pierre blanche : à un moment donné, le démarrage de l’hymne national via un ordinateur a foiré à cause d’une panne électrique. Aussitôt, comme un seul homme, la centaine d’étudiants présents, entonnent à l’unisson le chant révolutionnaire Kassaman propageant ainsi dans l’amphi un frisson d’enthousiasme.

Lem

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