HASSANI M'HAMED

 

L’enfant d’Aokas, Hassani M’Hamed, vient de décrocher les « Bougies d’or » pour ses œuvres poétiques qui sont un voyage fabuleux au pays de la pensée, de la beauté et de l’exaltation.

Ci-dessous, un échantillon de ses vers en cristal.

 


 


 

 


L’enfant et le poète

 

Un poète est passé

Qui laissa tomber

Une feuille blanche

Parterre

Dans la poussière

Sans l’avoir signée

Ni dotée d’ailes

Pour s’envoler

 

Un enfant est passé

Qui ramassa la

Feuille blanche

Parterre

Dans la poussière

En fît un oiseau

Qu’il percha sur ses deux doigts

 

L’oiseau s’envola

Alla cogner le nez du poète

Qui se mit à saigner

Sur l’oiseau blanc

Ce poème signé

 

L’enfant

 

 

 

L’ENFANT ET LE POEME

 

Pour que vivent

L’enfant et le poème

Au pays retrouvé

 

Ne t’arrête pas de marcher

Debout

Assis

Allongé

Ne t’arrête pas d’avancer

Sans perdre pied

Sans perdre tête

Ne t’arrête pas de bâtir

Ce monde meilleur qui t'habite

Et de toujours aimer

Cet être porteur d’avenir

 

Pour que vivent

L’enfant et le poème

Au pays retrouvé

 

 

 

maturité

 

 

Que tu surgisses de la marre sanglante de la bêtise humaine

Que tu descendes d’une Afrique soumise au chant du griot

Que tu remontes des glaciers d’un continent en mal d’été

Que tu arrives d’un désert bridé de nostalgie océanique

 

Ta destinée transitoire

Traverse mon territoire

Comme un astre en veilleuse

Et je me surprends

A guetter l’instant

De toutes les éclosions !

 

 

Pays fermé sur ses blessures

Quel souvenir te réveillera ?

 

Ton regard

Prodigue l’étincelle

Qui ravive l’espoir

Et se remet en état

La glorieuse flotte Numide

Ses navires chargés

D’éternels partants...

 

 

Pays ravagé par les  siroccos

Quelle vertu natale te sauvera ?

 

 

Ta main

Prodigue la caresse

Qui soulage et guérit

Et se relève

La glorieuse armée Numide

Ses hommes imprévisibles

Ces éternels résistants...

 

Pays secoué de sanglots maternels

Quelle naissance apprivoisera ta violence ?

 

Tes lèvres

Prodiguent le frisson

Qui libère le poème

Et se réveillent

Les passions nomades

Sauvées des noyades

Par le poète maudit...

 

Pays lourd de générations frustrées

Quelle secousse mettra bas ton rêve ?

 

Et mon regard escaladeur de collines

Et mes mains baladeuses des vallées

Et mes lèvres semeuses de sillons

Tout mon corps tendu, creusé de désir

S’ouvre pour cueillir

Ta maturité

Oh ! Femme - pays

Pétrie

De résistance séculaire et de rebellions permanentes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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